Introduction aux Risques Sanitaires Environnementaux UE7 PDF
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This document provides an introduction to environmental health risks, covering a historical overview from the 18th century to the 20th century. It details key figures and events in the development of this field.
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UE7 CHAPITRE 3 Pr. Florentin Livret 1 Vidéo cours INTRODUCTION AUX RISQUES SANITAIRES ENVIRONNEMENTAUX I. HISTORIQUE DES RISQUES ENVIRONNEMENTAUX...................................................................... 2 1. Jusqu’au XVIIIème siècle................................................................................................................ 2 2. Le XIXème siècle : La révolution sanitaire...................................................................................... 2 3. Le XXème siècle............................................................................................................................. 3 4. Les crises sanitaires....................................................................................................................... 6 II. LE CONCEPT DE SANTÉ ENVIRONNEMENT............................................................................. 8 1. Définition de la santé...................................................................................................................... 8 2. Les déterminants de la santé.......................................................................................................... 8 3. Notion d’environnement.................................................................................................................. 8 4. Le concept de Santé Environnementale......................................................................................... 9 5. L’importance des facteurs environnementaux en termes de santé................................................ 9 III. DEUX EXEMPLES DE PROBLÉMATIQUES DE SANTÉ LIÉES À L’ENVIRONNEMENT........ 10 1. L’exposition au plomb................................................................................................................... 10 2. L’exposition à la pollution atmosphérique..................................................................................... 15 Page 1 sur 22 Tutorat Santé Lorraine 24/25 ©Toute reproduction interdite I. HISTORIQUE DES RISQUES ENVIRONNEMENTAUX 1. Jusqu’au XVIIIème siècle Ø Un savoir encore insuffisant pour protéger l’homme des dangers de la contagion et des pollutions. Des précurseurs de la relation entre la santé et l’environnement Ø Décrit le premier une épidémie d’oreillons sur l’île de Tasos Ø Publie un traité intitulé « Des airs, des eaux et Hippocrate (-460 à -377) des lieux » : « Pour approfondir la médecine, il faut considérer d’abord les saisons, connaître la qualité des eaux, des vents, étudier les divers états du sol et le genre de vie des habitants ». Vitruve (Ier siècle av. J.-C.) Ø Soulignent les conséquences néfastes sur la santé de la Pline (30-79) corrosion des canalisations en plomb par l’eau. Fracastore (1483-1714) Ø Publie un ouvrage sur les mécanismes de la contagion. Ramazzini (1633-1714) Ø Soulignent l’origine professionnelle de certains cancers. Pott (1713-1788) 2. Le XIXème siècle : La révolution sanitaire Plusieurs hommes caractérisent cette révolution sanitaire : Edwin Chadwick (1800 – Ø Dès 1848, sous l’impulsion du grand hygiéniste anglais, une loi de 1890) prévention fut promulguée. Louis Pasteur (1822-1895) Ø Leurs découvertes dans les domaines de la bactériologie et de l’immunologie fonderont scientifiquement les bases de la lutte anti-infectieuse, de l’hygiène de l’eau à la vaccination. Robert Koch Ø À la base de la médecine curative moderne. Ø La figure emblématique du monde épidémiologique : - Travaille sur l’épidémie de choléra à Londres en 1854. John Snow (1813-1858) - Mets en place une démarche épidémiologique complète ayant permis d’établir un lien entre l’eau de la Tamise et le choléra. Page 2 sur 22 Tutorat Santé Lorraine 24/25 ©Toute reproduction interdite A. John Snow et l’épidémie de choléra de 1854 Ø Il a mené un travail en plusieurs temps : D’abord, la description des caractéristiques des malades et la compagnie d’eau les desservant Il a réalisé une enquête cas-témoin où il fait le lien avec la pompe d’une compagnie particulière qui puisait son eau en aval de la ville, après le rejet des déchets contaminés. Tandis que la seconde compagnie puisait son eau en amont de la ville. Ø Il finit par convaincre les autorités publiques d’arrêter la pompe concernée Cela mena à la fin de l’épidémie environ 1 mois plus tard, avec une obligation de traitement de l’eau quelques années plus tard. 3. Le XXème siècle A. Evolution vers la santé publique Ø Un « parti de l’hygiène » défait : Les progrès et la performance de la médecine curative opérés au cours du XXème siècle ont relégué la prévention collective et l’hygiène au second plan. Développement d’une médecine curative, aux dépens de la médecine préventive. Ø Prise de conscience que le caractère univoque entre une exposition et la maladie ne peut pas tout expliquer (modèle pasteurien) : Maladies infectieuses, silice et silicose, leucémies et benzène… Ø Émergence de la pluri factorialité dans le modèle épidémiologique : Expositions multiples, à des faibles doses mais responsables de l’apparition de certaines maladies. Epidémies dues aux facteurs environnementaux (pic de pollution atmosphérique). Cofacteur de nombreuses pathologies chroniques (pneumopathies, cancers, neuropathies, coronaropathies, etc.). Page 3 sur 22 Tutorat Santé Lorraine 24/25 ©Toute reproduction interdite B. Un siècle aux 2 visages Le siècle aux 2 visages Ø Une amélioration considérable de l’état de santé des populations : - Un état de santé en constante progression. - Une réduction de la pollution de l’environnement. - Des réglementations plus contraignantes. - Des valeurs limites d’exposition professionnelles ou communautaires de plus en plus basses. Ø Paradoxe : - Une aversion croissante pour les risques. - La qualité du milieu de vie devient un motif de préoccupation important : la population veut désormais vivre dans un milieu qu’elle maitrise Le paradoxe plutôt que de subir des expositions non souhaitées. Ø Pour comprendre ce paradoxe : facteurs culturels, techniques et politiques : - Une moindre proximité à la mort : une étrangère chassée. - Un rêve prométhéen déçu : la maîtrise des techniques. - Une meilleure connaissance de la qualité du milieu (ex. meilleure connaissance de polluants que l’on ignorait auparavant). - Une immaturité du débat public sur les risques. - Une méfiance à l’encontre des pouvoirs publics. Ø Dans le même temps, l’Homme acquiert la capacité de modifier son environnement de manière inégalée : - Substances chimiques, organismes génétiquement modifiés, rayonnements non ionisants, nanomatériaux, … Ø Il y a également des faits scientifiques troublants : L’homme - Augmentation de la prévalence de l’asthme/ maladies allergiques - Les « échecs » face aux cancers - La fertilité masculine altérée → Perturbateurs endocriniens - Saturnisme et troubles du développement psychomoteur de l’enfant. Ø Des mégacatastrophes plus fréquentes : -Explosion d’AZF (usine de pesticides/engrais) en Catastrophe 2001. - Explosion des réacteurs de Fukushima en 2011. Ø Et au niveau planétaire : - Pollution atmosphérique Page 4 sur 22 Tutorat Santé Lorraine 24/25 ©Toute reproduction interdite De nombreux événements ont révélés les problématiques liées à la pollution atmosphérique, un sujet qui revient très souvent dans les discussions environnementales. Bien que des efforts aient été réalisés pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et lutter contre le réchauffement climatique, les améliorations restent limitées par rapport aux niveaux observés dans les années 1990. Transports à premier secteur émetteur en 2022, avec 130,5 Mt CO2 éq (32,3% des émissions, suivis par l’agriculture (19%), l'industrie manufacturière et la construction (18,1%). Entre 1990 et 2022, baisse de 48% dans l’industrie manufacturière et la construction mais hausse de 5,5% dans le transport. Aujourd’hui, il existe le dépassement des prévisions établies il y a quelques années, aboutissant au réchauffement climatique à l’échelle planétaire. Réchauffement climatique planétaire Ø Au niveau mondial, on observe aujourd’hui des anomalies de température significatives par rapport à la période de référence : = années 1850- 1900 (ère préindustrielle). Ø Actuellement, le dépassement de la barre des +1,5 °C a Evolution des largement été franchi. températures Cette évolution de température entraine de réelles problématiques de phénomènes climatiques extrêmes. Pluies, sécheresses, canicules représentant des évènements climatiques de plus en plus violents et fréquents. De plus, des problématiques de santé vont y être associées. Ø La progression de maladies infectieuses (dengue, paludisme…) Risques et facteurs d’évolution selon le è Liée à la migration des vecteurs (principalement les changement moustiques) favorisée par les changements climatiques. climatique Ø Ces maladies atteignent désormais les portes de l’Europe è Où des cas importés ont déjà été signalés Conséquences du Ø Schéma de l’OMS : réchauffement climatique sur la santé Page 5 sur 22 Tutorat Santé Lorraine 24/25 ©Toute reproduction interdite C. Des craintes Ø Milieu de vie et risques pour la santé : une forte préoccupation sociale : Notion d’incertitude devant des risques « invisibles » à l’œil nu, différés dans le temps et l’espace (pouvant survenir des années après l’exposition). Exemple typique de la vache folle. Ø Des « crises » médiatiques et sociales : Février 1996 : Pollution atmosphérique et mortalité associée. Printemps 1996 : ESB, maladie de la vache folle. Printemps 1997 : Leucémie des enfants, La Hague. Eté 1999 : La « dioxine » et les poulets belges. 2003-2007 : Les antennes relais de téléphonie mobile. 4. Les crises sanitaires A. Le smog londonien Ø Dû à un pic de pollution o Des rues comme en pleine nuit au milieu du jour à cause d’une quantité massive de poussière dans l’air. Ø Des décès en nombre dus notamment à l’augmentation du dioxyde de souffre o Causée principalement par la combustion de charbon et donc d’émission de SO2 et de particules. Page 6 sur 22 Tutorat Santé Lorraine 24/25 ©Toute reproduction interdite Ø L’origine du smog londonien : La formation d’une couche d’inversion des températures empêchant l’évacuation des fumées En temps normal, la température diminue avec l’altitude. Les rejets de fumée vont alors monter et se disperser. Mais une couche d’inversion va faire augmenter la température à une certaine altitude et piéger ces fumées au sol. B. Bhopal en 1984 Ø La nuit du 2 au 3 décembre 1984, à Bhopal, en Inde, une cuve de produits chimiques explose. 40 tonnes de gaz toxiques (isocyanate de méthyle) s’échappent d’une usine de pesticides. Ø Plus de 8000 morts dans les 3 jours. Estimation finale 22-25000 morts [même si officiellement : 14 000] ; 800 000 personnes affectées (maladies chroniques ou invalidantes). Ø Et le scandale se poursuit : Aucune dépollution du site (sol, eau polluée aux pesticides [40x les normes]). Malformations, cancers, autres maladies d’origine toxique, … C. Tchernobyl en 1986 Ø 26 avril 1986. À la suite d’une série d’erreurs humaines, explosion du réacteur n°4 de la centrale de Tchernobyl. Ø Projection dans l’atmosphère d’une énorme quantité d’éléments radioactifs. Représentant 200 fois la radioactivité totale produite par les bombes lancées en 1945 sur Hiroshima et Nagasaki. Dispersion assez étendue, transportée par les vents, et se dilue progressivement dans le temps, sans s’arrêter aux frontières. L’Est de la France (Jura, Bourgogne) figure parmi les zones ayant potentiellement reçu des doses de ces éléments radioactifs, bien que celles-ci soient restées modérées. D. Et bien d’autres évènements… Ø L’épisode de l’huile toxique en 1981 (Espagne) : empoisonnement à l’huile frelatée (à la place de l’huile d’olive) Ø Excès de leucémie infantiles à la Hague (à proximité d’une usine de retraitement) Ø Le scandale de l’amiante Ø La maladie de la vache folle (encéphalopathie spongiforme bovine) → La problématique entre santé et environnement : l’objet d’une attention croissante. Page 7 sur 22 Tutorat Santé Lorraine 24/25 ©Toute reproduction interdite II. LE CONCEPT DE SANTÉ ENVIRONNEMENT 1. Définition de la santé Ø « La santé est un état de complet bien-être physique Définition de l’OMS (1946) mental et social et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité. ». Ø Adoptée par les deux bureaux de l’OMS Europe Ø « La santé constitue la mesure dans laquelle un individu ou un groupe est apte à réaliser ses aspirations et à La charte d’Ottawa du 21 novembre satisfaire ses besoins, et d’autre part à s’adapter à son 1986 environnement et à le modifier ». Ø Nouvelle notion d’environnement, de milieu de vie, et d’interaction avec ce dernier. 2. Les déterminants de la santé Ø Il y a énormément de facteurs influençant la santé Facteurs sociaux-économiques et culturels, environnementaux, comportementaux, individuels, génétiques et biologiques L’accessibilité et la qualité des services de santé Ø La combinaison de ces déterminants explique par exemple que les réactions à une même exposition (de substance toxique, de rayonnement, etc) puissent varier énormément d’un individu à un autre. 3. Notion d’environnement Ø La charte de l’Environnement du 28 février 2005 « Chacun a le droit de vivre dans un environnement équilibré et favorable à sa santé » (1er article) Ø Renvoie à nos milieux de vie Domestique, naturel ou professionnel Page 8 sur 22 Tutorat Santé Lorraine 24/25 ©Toute reproduction interdite Ø C’est une approche courante qui écarte la catégorie environnementale qui relève de l’exposition volontaire et du comportement individuel Exemple : Le tabagisme actif, la consommation d’alcool, le comportement alimentaire, … § Tandis que le tabagisme passif peut être considéré comme une exposition environnementale. Ø L’approche courante a été retenue pour le PNSE (rapport de 2004) Vise à répondre aux préoccupations et aux interrogations des Français sur les conséquences sanitaires à court et moyen terme de l’exposition à certaines pollutions de leur environnement. Ø La définition n’est pas pour autant universelle puis qu’elle dépend en général des structures concernées : Certains vont rajouté à cette définition les accidents (de la route, domestiques, …) ou les violences (criminalité, effets « indirects » des guerres, …) § Ces derniers sont pris en compte par l’OMS dans ses estimations de la composante environnementale des problèmes sanitaires globaux. Facteurs environnementaux au travail § Pris en compte par l’OMS mais non pris en compte par l’OCDE → Des estimations du poids sanitaire des atteintes à l’environnement qui divergent selon les sources considérées. 4. Le concept de Santé Environnementale Ø Définition proposée par le bureau européen de l’OMS en 1994 lors de la conférence d’Helsinki « La santé environnementale (environmental health) comprend les aspects de la santé humaine, y compris la qualité de la vie, qui sont déterminés par les facteurs physiques, chimiques, biologiques (d’origine naturelle ou anthropique), sociaux, psychosociaux et esthétiques de notre environnement. Elle concerne également la politique et les pratiques de gestion, de résorption, de contrôle et de prévention des facteurs environnementaux susceptibles d’affecter la santé des générations actuelles et futures ». Cette définition est large et regroupe énormément d’aspects différents pour lesquels ont doit se préoccuper et agir dessus. 5. L’importance des facteurs environnementaux en termes de santé Ø D’après les données de l’OMS en 2007 : A l’échelle mondiale, un quart du fardeau des maladies (un tiers chez l’enfant) est dû à des facteurs environnementaux modifiables. Ø Le fardeau des maladies : L’impact des pathologies sur la perte du nombre d’années vécues ou passées en bonne santé. Par exemple, 95% de la perte en années de vie passées en bonne santé du fait de diarrhées est due au manque d’eau potable, aux défaillances de l’assainissement et de l’hygiène. Ø Aux Pays-Bas : Les études récentes estiment la part environnementale (pour la pollution atmosphérique, le bruit, le radon, le rayonnement ultraviolet et l’humidité dans l’habitat) du fardeau global de la maladie dans une fourchette de 3 à 9% du total. Page 9 sur 22 Tutorat Santé Lorraine 24/25 ©Toute reproduction interdite III. DEUX EXEMPLES DE PROBLÉMATIQUES DE SANTÉ LIÉES À L’ENVIRONNEMENT 1. L’exposition au plomb A. Toxicité générale Ø L’ingestion ou l’inhalation de plomb est toxique, c’est un problème notamment chez l’enfant. Ø Elle provoque des troubles : Réversibles (anémie, troubles digestifs) Irréversibles (atteinte du système nerveux) Ø Une fois dans l’organisme, le plomb se stocke, notamment dans les os, d’où il peut être libéré dans le sang Des années voire des dizaines d’années plus tard Ø L’intoxication par le plomb est appelée saturnisme. a. Toxicité pour les enfants Les enfants (moins de 6 ans +++ ), une population à risque : Ingestion plus importante de Ø Porte spontanément les mains et les objets à la bouche. poussières Absorption plus Ø Environ 50% du plomb ingéré passe dans le sang contre importante 10% chez l’adulte. Effets plus importants et Ø Pour une même dose, comparé à un adulte plus sévères Ø Développement cérébral Passage de la barrière Ø Exposition intra-utérine transplacentaire Ø Relargage du plomb stocké dans les os de la mère : o Contamination du fœtus Grossesse et allaitement o Contamination de l’enfant pendant la période d’allaitement. Page 10 sur 22 Tutorat Santé Lorraine 24/25 ©Toute reproduction interdite b. Toxicité pour les adultes Pathogénicité du plomb responsable de : Ø Souvent accompagnées de nausées et de vomissements Douleurs abdominales Les coliques de plomb, qui font souvent évoquer chez l’adulte jeune une crise appendiculaire Ø Paralysies périphériques Atteintes neurologiques Atteintes des nerfs du bras et de la main Anémie / Hypertension artérielle / franche B. Un métal d’usage très ancien a. L’Antiquité Ø Le plomb est un métal d’usage très ancien et courant. Ø En Europe, c’est dans la Grèce antique qu’a débuté son exploitation minière. Sa métallurgie peut être considérée comme une des toutes premières formes d’activité industrielle - Souvent liée à celle de l’argent, qui y est associé à l’état naturel dans un même minerai, la galène argentifère. - Cette métallurgie était déjà très développée en Espagne par les Romains dès le début de notre ère. - Elle servait, à cette époque, à la production de monnaie, de canalisations, de vaisselle, etc… → Cette métallurgie va exploser avec la révolution industrielle. b. La révolution industrielle Ø La révolution industrielle a entraîné de nouvelles utilisations massives dans l’agriculture, la construction, l’industrie et l’imprimerie. Ø Le pic a été atteint en 1998, la production mondiale de plomb était de 6 000 000 tonnes. Ø En France, la consommation était de 273 000 tonnes : - Dont 72% pour la production de batteries et accumulateurs - 10% pour des produits divers ouvrés en plomb - 7% pour la chimie (production de certains plastiques, sels, etc…) - 15% pour des usages divers Page 11 sur 22 Tutorat Santé Lorraine 24/25 ©Toute reproduction interdite Année 1880 1915 1925 1940 1960 1977* Consommation de plomb pour les peintures 50 140 170 60 5 3 aux Etats-Unis (103 t) *US Consumer Product Safety Commission proscrit le plomb dans les peintures (remplacé depuis 1940 par l’oxyde de titane) C. Une diffusion planétaire Ø Découverte des propriétés antidétonantes du plomb tétraéthyle en 1923 (Guerre Mondiale, Usines de Dayton, Ohio(1)) 50 à 60 ans de production massive et d’émission dans l’atmosphère - 70% du plomb dans l’essence est émis du pot. → C’est le métal ayant connu la plus grande pollution diffuse à l’échelle de l’univers. 60% de la consommation de plomb est dans le secteur automobile dans les années 80 (60% batteries, 15% dans les additifs). Un pic en 1969 aux Etats-Unis (2,3 105 t/an dans les additifs). (1) Thomas Midgley, découvre aussi les composés perfluorés (CFC). * « Ce chimiste a eu plus d’impact sur l’atmosphère que n’importe quel autre organisme dans toute l’histoire de la terre » McNeill (2000), Something new under the sun. An environmental history of the twentieth century ». Norton, New York. D. Des sources multiples d’exposition Bâtiments Anciennes peintures, poussières Forme dissoute, canalisation en Eau plomb Air / Alimentation / Loisirs Soldats en plomb, maquillage Professionnels Industrie du plomb E. Comment mesure-t-on l’imprégnation au plomb Mesure de l’imprégnation au plomb Pb mesuré sur du sang veineux. è -émie = « sang ». Est l’indicateur retenu pour évaluer l’imprégnation La plombémie (taux de par le plomb. plomb dans le sang) Reflète un état ponctuel d’équilibre entre un processus d’absorption éventuellement en cours, le stockage ou le déstockage du plomb osseux et l’élimination (excrétion, phanère, sueur). La plomburie Dans les urines, -urie = « urine » Le plomb osseux / Le plomb dans les / cheveux Page 12 sur 22 Tutorat Santé Lorraine 24/25 ©Toute reproduction interdite → A partir de ces indicateurs, on peut graduer les effets sur la santé en fonction des valeurs mesurées. F. Effets du plomb sur la santé En fonction de l’imprégnation mesurée par le biomarqueur plombémie. Ø Enfants : dès les plus faibles expositions, il existe un impact sur la croissance, l’audition ou encore le QI à toxicité neurologique. Une exposition très importante conduit même au décès. Ø Adultes : le premier symptôme correspond à une augmentation de la tension. Il s’agit véritablement d’une poly symptomatologie associée à l’exposition au plomb. G. Epidémiologie Ø Les enfants en bas âge sont une cible particulière de l’intoxication : Ingèrent plus souvent du plomb du fait de leur activité main-bouche ; Leur coefficient d’absorption digestive est élevé ; Leur système nerveux est en développement ; Ø L’imprégnation des enfants par le plomb a connu une forte diminution entre 1995 et 2008 : En 1995/1996, InVS et Inserm avait estimé à 84 000 le nombre d’enfants de 1 à 6 ans ayant une plombémie ≥100 µg/L en France métropolitaine, prévalence estimée à 2,1%. En 2008/2009, une nouvelle étude de l’InvS a permis d’estimer la prévalence à 0,11% dans cette classe d’âge, correspondant à environ 4400 enfants en France métropolitaine. En 2009, 254 nouveaux cas de saturnisme ont été notifiés à l’InVS. Ø La principale source de forte exposition au plomb est la peinture des habitations anciennes (antérieures à 1949), souvent à base de céruse. H. Comment expliquer la baisse de l’imprégnation au plomb ? Ø La baisse de l’imprégnation par le plomb correspond à une diminution de l’ingestion ou de l’inhalation de plomb par les enfants. Ø De nombreuses actions de prévention peuvent l’expliquer : La suppression de l’essence au plomb, L’amélioration de la qualité de l’alimentation, Le traitement des eaux de distribution publique (pour qu’elles dissolvent moins les canalisations au plomb), Les actions d’amélioration de l’habitat, Le contrôle des émissions industrielles. Page 13 sur 22 Tutorat Santé Lorraine 24/25 ©Toute reproduction interdite I. Diagnostic et repérage des cas Ø La conduite à tenir en matière de dépistage du saturnisme chez l’enfant est explicitée dans un guide du dépistage et de la prise en charge publié en 2006 par la Direction générale de la santé. Ø Les signes cliniques, lorsqu’ils sont présents, sont en général peu spécifiques : Troubles digestifs vagues : anorexie, douleurs abdominales récurrentes, constipations, vomissements ; Troubles du comportement (apathie, irritabilité, hyperactivité), troubles de l’attention et du sommeil, mauvais développement psychomoteur ; Pâleur en rapport avec l’anémie. Ø Le diagnostic ne peut être établie que par le dosage de la plombémie prescrit chez un enfant ayant des facteurs de risque. Page 14 sur 22 Tutorat Santé Lorraine 24/25 ©Toute reproduction interdite 2. L’exposition à la pollution atmosphérique A. Air et pollution Ø L’air constitue le premier des éléments nécessaires à la vie : Chaque jour, nous en consommons entre 12 000 à 20 000 L. - Contre 1,5L d’eau et 1 à 1,5 kg de nourriture. Ø Il contient : 78% d’azote (N2) 21% d’oxygène (O2) 1% d’autres gaz (l’argon, le dioxyde de carbone, l’ozone…). Ø La pollution, qu’est-ce que c’est ? Apparition d’une nouvelle substance ou la variation de la quantité de celle-ci qui modifie un équilibre et provoque des effets nuisibles ; La pollution peut être anthropique (c’est-à-dire créée par l’homme : industrie) ou naturelle (éruption volcanique). B. Pollution de l’air extérieur Ø Cette pollution est complexe et difficilement mesurable dans sa totalité Ø Aux classiques et réglementés polluants mesurés en France, considérés comme des indicateurs de la qualité de l’air extérieur. Ils ne reflètent cependant pas la pollution totale. Dioxyde de soufre, oxydes d’azote, particules en suspension, ozone, monoxyde de carbone, composés organiques volatils et plomb. Ø Se sont ajoutées progressivement d’autres substances. Les organochlorés (dioxines et furanes), les hydrocarbures aromatiques (polycycliques/monocycliques), les métaux lourds et les gaz à effets de serre. Ø Arbres (senteurs), les animaux (méthane), les sols, feux de Source de pollution forêt, éruption volcanique, marécages, algues, … Ø Résidentielle, les transports, l’industrie, l’agriculture Ø Transport depuis l’endroit de production puis transformation : - Apparition de nouvelles molécules qui iront se Problématique redéposer à distance (pluie acides) - Exposition à des polluants secondaires qui sont générés à partir de polluants primaires : cas typique de l’ozone Page 15 sur 22 Tutorat Santé Lorraine 24/25 ©Toute reproduction interdite C. Evolution des émissions en France En France métropolitaine, les émissions ont été fortement réduites au cours des vingt ou trente dernières années, et plus particulièrement sur la période 1990-2012 : Evolution de certains composés Ø Baisse drastique Ø Portée en partie par les Oxydes d’azotes : transports. Cela est liée à la Nox. règlementation européenne de plus en plus drastique sur l’émission des véhicules. Ø Baisse (un peu moins spectaculaire que pour les Nox) Composés organiques volatils Ø Avec encore une fois, une réduction drastique dans le non méthaniques secteur des transports. L’agriculture a plus de mal à réduire ses émissions. Ø Diminution majeure (division par 10) Ø Avec des politiques de Dioxyde de souffre prévention très efficaces. La SO2 plus grosse part de la pollution revient à l’industrie de la construction/ manufacturière. Ø Source : Citepa 2024 -France Métropolitaine Page 16 sur 22 Tutorat Santé Lorraine 24/25 ©Toute reproduction interdite Ø Schéma résumant la qualité de l’air en 2023 : Page 17 sur 22 Tutorat Santé Lorraine 24/25 ©Toute reproduction interdite D. Effets sur la santé de l’exposition à la pollution atmosphérique Ø La relation entre pollution atmosphérique et santé est complexe : Un grand nombre de polluants (primaires et secondaires) est impliqué ; L’exposition est hétérogène dans le temps et l’espace : elle dépend des lieux fréquentés par l’individu et de ses activités ; L’état de santé et les antécédents personnels modifient la sensibilité vis-à-vis de la pollution atmosphérique, différente pour chaque individu, Les maladies susceptibles d’être liées à la pollution atmosphérique sont multifactorielles. Ø Les populations sensibles : Ø Dont les poumons ne sont pas complètement formés (avant Les enfants l’âge de 10-12 ans) Ø En raison du vieillissement de leurs tissus respiratoires, de Les personnes âgées pathologies plus fréquemment associées et d’une diminution de leurs défenses respiratoires. Les personnes souffrant Ø Maladies respiratoires chroniques allergiques et asthmatiques, de pathologies cardiovasculaire ou diabétiques chroniques Les fumeurs Ø Dont l’appareil respiratoire est déjà irrité par le tabac Ø En raison de l’augmentation de la ventilation lors de l’activité Les sportifs physique Ø Les effets néfastes de la pollution atmosphérique sont classés en deux groupes : Ø Manifestations cliniques, fonctionnelles ou biologiques survenant dans des délais brefs (quelques heures, jours ou Les effets à court terme semaines) suite aux variations journalières des niveaux ambiants de pollution atmosphérique. Ø Peuvent survenir après une exposition chronique (plusieurs mois ou années) à la pollution atmosphérique et qui peuvent induire une surmortalité et une réduction de l’espérance de vie. Les effets à long terme - L’exposition à long terme aux particules fines conduit à un risque accru de cancer du poumon et à une augmentation du risque de décès toutes causes et plus spécifiquement par maladies cardio-respiratoires. Page 18 sur 22 Tutorat Santé Lorraine 24/25 ©Toute reproduction interdite E. Effets sanitaires de quelques polluants Polluants Sources principales Effets sur la santé atmosphériques Dioxyde de - Irritant respiratoire soufre (SO2) Ø Industrie - Exacerbation des troubles bronchiques Oxydes d’azote - Irritations de l’appareil respiratoire Ø Industrie de combustion - Crises d’asthme Nox (NO et NO2) - Bronchiolite Ø Installation de combustion, Monoxyde de - Atteinte du SNC et des organes transports, chauffage carbone (CO) sensoriels domestiques - Irritant oculaire, de la gorge et des Ø Polluant secondaire, formé poumons suite à des réactions - Possible altération de la fonction Ozone (O3) chimiques entre COV et Nox respiratoire et de la résistance aux en présence de rayon UV. infections. - Irritant - Altération des fonctions Particules en Ø Véhicules et combustion de respiratoires suspension certaines industries - Crises d’asthme - Bronchite chroniques - Irritant des yeux et des poumons Composés Ø Combustion, usage et - Bronchites par intoxication Organiques évaporation des solvants et chronique Volatils (COV) carburants industriels - Cancers Polluant - Asthme Ø Pollens biologiques - Allergie a. Effets sur la santé des particules Ø La partie de l’arbre respiratoire atteinte dépend de la taille des molécules : Nez et Bronches Vésicules Alvéoles Organe exposé Trachée gorge Bronchioles pulmonaires Circulation Dimensions < 30µm < 10 µm < 2-3 µm < 0,1 µm des particules Page 19 sur 22 Tutorat Santé Lorraine 24/25 ©Toute reproduction interdite Ø Suite à l’étude Aphekom, il a été montré que l’inhalation de particules fines cause énormément de désordre biologique avec une symptomatologie très diverse : Atteinte générale Stress oxydatif, inflammation systémique Poumons Inflammation, stress oxydatif, symptômes respiratoires, … Cœur Dysfonctionnement, accident coronaire, … Sang Présence de particules, stress oxydant, … Vascularisation Athérosclérose, dysfonction endothéliale, … Cerveau Ischémie cérébrale Ø En Europe, l’étude Aphekom a permis d’estimer l’impact en termes de coût, de morbidité et de mortalité dans 25 grandes villes concernant les particules fines : Dépasser la valeur guide de l’OMS pour les particules PM2,5 dans 25 villes d’Europe (39 millions d’habitants) abouti annuellement à : 19 000 décès dont 15 000 dû à des pathologies cardio-vasculaires 31,5 milliards d’euros de dépenses de santé associées. Le fait de vivre près de routes fréquentées pourrait être responsables de 15 à 30% des nouveaux cas d’asthme chez l’enfant et des pathologies comme la broncho-pneumopathie chronique obstructive et les pathologies coronariennes. § Le coût économique annuel s’élèverait à 300 millions d’euros. Présentation du gain de vie prédit dans 25 villes de l’étude Aphekom pour des individus âgés de 30 ans et pour une diminution des particules PM2,5 à 10µg/m3 (limite OMS) Stockholm ne dépassant pas la limite de l’OMS, il n’y a donc pas d’espérance de vie à gagner Bucarest, la ville ayant le plus haut taux de PM2,5 aurait 22,1 mois d’espérance de vie à gagner. La France gagne en moyenne 6 mois d’espérance de vie Source: Summary report of the Aphekom project 2008-2011 Représentation du pourcentage de la population souffrant d’une pathologie chronique qui pourrait être attribuée au fait de vivre près de rues et routes fréquentées dans 10 villes de l’étude Aphekom. Page 20 sur 22 Tutorat Santé Lorraine 24/25 ©Toute reproduction interdite Pathologies étudiées : Maladie coronarienne (> 65 ans) : vert Même à Stockholm, presque 20% pourraient être attribuée au fait de vivre près de rues et routes fréquentées. BPCO (> 65 ans) : rouge Asthme (< 18 ans) : bleu → Années de vie possiblement gagnée en Europe si on revenait aux valeurs limites de l’OMS Source : Summary report of the Aphekom project 2008-2011) Source : Aphekom 2011 F. Impact de la pollution Ø Afsse en 2004 Impact sur la santé d’une exposition chronique aux particules fines présentes dans l’air dans 76 agglomérations françaises (soit environ 15 millions de personnes âgées de 30 ans ou plus). En 2002 et selon les hypothèses de risque retenues, on peut attribuer à l’exposition aux particules fine : - 600 à 1100 décès par cancer du poumon (6% à 11% de la mortalité par cancer du poumon) - 3000 à 5000 décès par maladie cardio-respiratoire (5% à 7% de la mortalité de cette nature) - Un total de 6000 à 9000 décès, toutes causes confondues, pourrait également lui être attribué (soit 3% à 5% de la mortalité totale pour la population concernée). Ø Les calculs actuels de l’impact sanitaire de la pollution atmosphérique en termes d’estimation de la diminution de l’espérance de vie permettent les comparaisons. Pour l’Europe, on estime que 100 000 décès et 725 000 années de vie perdues par an sont attribuables à l’exposition aux particules fines. Page 21 sur 22 Tutorat Santé Lorraine 24/25 ©Toute reproduction interdite G. Les inégalités spatiales de la pollution atmosphérique Ø Fortes inégalités spatiales à l’échelle mondiale. Ø Villes les plus polluées : Villes de l’Inde, du Pakistan et du Bangladesh Lié à l’industrialisation rapide, des combustibles de qualité médiocre pour le transport et la production d’énergie. Ø Villes les moins polluées Les villes des Etats-Unis et du Canada sont parmi les meilleures Ø En Chine, 750 000 morts prématurées par an dues à la pollution Dont 350 000 à 450 000 morts imputables à la pollution atmosphérique seule. → Planisphère de l’OMS montrant l’exposition au particules fines dans plusieurs villes du monde : En Amérique du Nord, tout est vert. Même si les Etats-Unis sont les plus gros pollueurs mondiaux, cette pollution a lieu autre part. En Europe, majoritairement du jaune. Dans les PED (pays en voie de développement), majorité de rouge voir certaines villes dépassant 150 µg/m3. Page 22 sur 22 Tutorat Santé Lorraine 24/25 ©Toute reproduction interdite