Chapitre 5 - Comment Lutter Contre le Chômage ? PDF
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Ce document est une introduction au chapitre 5 sur la lutte contre le chômage, explorant les définitions, les mesures et les indicateurs du chômage, ainsi que les politiques macroéconomiques et les stratégies visant à réduire le chômage. Il aborde également les problèmes d'appariement sur le marché du travail, les asymétries d'information, et le rôle des institutions.
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Chapitre 5 [Économie] : Comment lutter contre le chômage ? Questionnement Objectifs d’apprentissage Comment lutter contre le - Savoir définir le chômage et le sous-emploi et connaître les indicateurs de taux chômage ? de...
Chapitre 5 [Économie] : Comment lutter contre le chômage ? Questionnement Objectifs d’apprentissage Comment lutter contre le - Savoir définir le chômage et le sous-emploi et connaître les indicateurs de taux chômage ? de chômage et de taux d’emploi. - Comprendre que les problèmes d’appariements (frictions, inadéquations spatiales et de qualifications) et les asymétries d’information (salaire d’efficience) sont des sources de chômage structurel. - Comprendre les effets (positifs ou négatifs) des institutions sur le chômage structurel (notamment salaire minimum et règles de protection de l’emploi). - Comprendre les effets des fluctuations de l’activité économique sur le chômage conjoncturel. - Connaître les principales politiques mises en œuvre pour lutter contre le chômage : politiques macroéconomiques de soutien de la demande globale, politiques d’allègement du coût du travail, politiques de formation et politiques de flexibilisation pour lutter contre les rigidités du marché du travail. Introduction : document 1 du dossier documentaire. I – Définir et mesurer le chômage et le sous-emploi 1.1 – La mesure du chômage De manière générale, le chômage renvoie à la situation d’une personne en âge de travailler, qui n’exerce Voir le doc 2 aucune activité professionnelle rémunérée, et qui cherche à en exercer une. Derrière cette définition apparemment simple se cachent en réalité des difficultés de mesure, liées à l’appréciation de ces critères : - à partir de quel moment considère-t-on qu’un individu n’exerce pas d’activité professionnelle rémunérée ? Un individu qui travaille par exemple 3 heures par semaine doit-il être considéré comme un chômeur ? - Comment fait-on pour savoir si un individu cherche à exercer une activité professionnelle rémunérée ? C’est pour ces raisons que l’on peut observer des différences de mesure du chômage par les 2 organismes qui mesurent le chômage en France : l’Insee et Pôle emploi. Cette vidéo présente notamment la manière dont ces deux organismes procèdent à la mesure du chômage : INSEE Pôle Emploi Fréquence de l’enquête Qu’est ce qu’un chômeur ? - Chômeur de catégorie A : - - - Chômeur de catégorie B : - - - Chômeur de catégorie C : - - Chapitre 5 - Comment lutter contre le chômage ? Cours 1/16 En conséquence : Voir le doc 3 - Un chômeur au sens de l’INSEE ne le sera pas forcément pour Pôle Emploi. Exemple : ……………………………………………………………………………………………………………………………………………………………… - Un chômeur au sens de Pôle Emploi ne le sera pas forcément pour l’INSEE. Exemple : ……………………………………………………………………………………………………………………………………………………………… Ces 2 manières de mesurer un même phénomène peuvent amener à des résultats significativement différents : Ces deux indicateurs présentent chacun leurs avantages et leurs limites : - Le taux de chômage calculé par l’INSEE présente l’avantage de pouvoir effectuer des comparaisons internationales, puisqu’il utilise les critères du Bureau International du Travail, qui sont aussi utilisés dans d’autres pays. Par contre sa fréquence est trimestrielle. - Les chiffres de Pôle Emploi présentent l’avantage d’être disponibles chaque mois, mais le nombre de DEFM dépend des critères retenus par cet organisme qui peuvent conduire à la radiation des chômeurs de leurs listes (voir par exemple cet article, disponible aussi sur Moodle). De plus, le nombre de DEFM dépend aussi des pratiques d’inscription des chômeurs : certains d’entre eux peuvent être tentés de ne pas se signaler auprès de Pôle Emploi parce qu’au chômage depuis longtemps et ayant épuisé leurs droits à percevoir l’Allocation de Retour à l’Emploi par exemple (ARE). 1.2 – Taux de chômage, taux d’emploi et sous-emploi Le nombre de chômeurs est utilisé pour calculer un indicateur scruté de près par les analystes économiques, ainsi que par le pouvoir politique : le taux de chômage. On l’obtient en rapportant le nombre de chômeurs au nombre de personnes actives. C’est un indicateur important car le chômage est un phénomène néfaste, d’un point de vue économique comme d’un point de vue social : - d’un point de vue économique, le chômage peut être interprété comme un manque à gagner de richesses créées, et donc de revenus distribués dans le circuit économique. - d’un point de vue social, les effets délétères du chômage sur les personnes qui le subissent sont bien identifiés : rupture des liens de sociabilité, dégradation de l’estime de soi dans une société où l’intégration sociale des individus passe en large partie par la sphère du travail (voir notamment le chapitre « Quelles mutations du travail et de l’emploi ? »), exposition accrue à la pauvreté. Chapitre 5 - Comment lutter contre le chômage ? Cours 2/16 Le taux de chômage a toutefois un inconvénient : il peut varier en raison de la modification des comportements d’activité des agents économiques. En effet, certaines personnes peuvent choisir de sortir ou d’entrer sur le marché du travail, en fonction de la conjoncture économique notamment : - Premier exemple : Thomas, étudiant en Master 2ème année de finance, avait prévu de chercher du travail à la fin de l’année étudiante. Cependant une violente crise économique rend la probabilité de trouver un emploi très faible. Il décide donc d’attendre que la crise se résorbe, et s’inscrit dans un Master complémentaire à celui qu’il validera bientôt pour patienter. ⇒ On voit que ce type de comportement conduit à fléchir artificiellement le taux de chômage. En effet, si Thomas s’était tenu à son plan initial, il se serait très probablement retrouvé effectivement au chômage ! - Deuxième exemple : Pierre, homme au foyer , s’est tenu écarté du marché du travail le temps que ses enfants soient suffisamment grands pour qu’ils n’aient plus besoin de lui le midi. Il a prévu de réintégrer le marché du travail dans 2 ans. Mais une formidable période d’expansion économique vient précipiter sa décision : dans 2 ans le marché du travail ne lui sera peut-être pas aussi favorable ! ⇒ Une période d’expansion économique doit se traduire normalement par une baisse du chômage (voir plus loin dans le cours). Mais si plusieurs personnes sont dans le cas de Pierre, le taux de chômage ne diminuera pas autant que ce qu’aurait pu prévoir les économistes : certes des emplois seront créés, mais le nombre de chômeurs (et donc le taux de chômage) risque de diminuer beaucoup moins que prévu du fait de l’arrivée de nouveaux actifs sur le marché du travail ! Pour remédier à ce problème, les économistes en complément du taux de chômage mesurent le taux d’emploi : il s’agit du nombre de personnes en emploi rapporté au nombre total de personnes en âge de travailler. Le taux d’emploi permet donc d’avoir une idée de la proportion de personnes privées d’emploi : si 67,2 % de la population en âge de travailler occupait un emploi comme c’était le cas en France en 2021, cela veut dire que 100 – 67,2 = 32,8 % de la population en âge de travailler n’en occupait pas ! Mais comme aucun indicateur statistique n’est parfait, le taux d’emploi comme le taux de chômage présentent des limites, notamment celle de ne rien dire sur la qualité des emplois occupés (correspond-il à la qualification de la personne qui l’occupe ? Permet-il de vivre décemment ?), ainsi que sur la durée de travail des emplois occupés : doit-on comptabiliser de la même manière un emploi à temps partiel, de 8h par semaine par exemple, et un emploi à temps plein ? La notion de sous-emploi permet notamment de désamorcer ces objections. Le sous-emploi comprend des personnes qui ont un emploi et qui travaillent involontairement moins que ce qu’elles souhaitent : - des personnes travaillant à « temps partiel subi » : elles ont un emploi à temps partiel mais souhaitent travailler davantage et sont disponibles pour le faire, qu’elles recherchent ou non un emploi ; - les personnes à temps complet ou partiel qui ont involontairement travaillé moins que d’habitude (pour des raisons de chômage technique, mauvais temps, réduction saisonnière d’activité…). [le chômage technique, qu’on appelle aussi chômage partiel peut prendre la forme d’une baisse de la durée hebdomadaire du travail ou d’une fermeture temporaire de tout ou partie de l’entreprise, pour des raisons Voir le doc 4 économiques. Le salarié qui subit une perte de salaire reçoit une indemnité correspondant à 70 % de sa rémunération brute horaire.] Conclusion du I : si la définition du chômage semble simple, dans la pratique il est délicat de délimiter la frontière entre les situations qui relèvent du chômage et celles qui n’en relèvent pas. Dès lors, le chômage est un phénomène complexe à mesurer. C’est pourquoi il convient de l’appréhender à l’aide de différents indicateurs. II – Quelles sont les causes du chômage ? 2.1 - les effets des fluctuations économiques sur le chômage conjoncturel Le chômage conjoncturel est une forme de chômage liée au ralentissement de l’activité économique. Il puise donc sa source dans les fluctuations plus ou moins cycliques de l’économie. On peut d’ailleurs mettre en Chapitre 5 - Comment lutter contre le chômage ? Cours 3/16 évidence, sur le plan statistique, l’existence d’une corrélation négative entre le taux de croissance du PIB et Voir les docs l’évolution du taux de chômage. Arthur Okun est notamment le premier économiste à énoncer et interpréter 5 et 6 cette corrélation négative : c’est ce que l’on appelle la loi d’Okun. Comment expliquer ce phénomène ? On sait que produire nécessite de mobiliser des facteurs de production (le facteur travail et le capital). ⇒ Une période d’augmentation de la production (croissance économique) implique donc un besoin croissant de facteur travail : l’emploi augmente, ce qui toutes choses égales par ailleurs est susceptible de faire baisser le taux de chômage. ⇒ A l’inverse, une période de récession implique que les entreprises produisent moins. Elles ont donc besoin de moins de facteur travail, et sont donc susceptibles d’embaucher moins que d’habitude, voire même de réduire leurs effectifs salariés, ce qui est susceptible de faire augmenter le taux de chômage. Voir le doc 7 Cette relation entre variation du niveau de l’activité économique, besoin d’emploi de la part des entreprises et variation du taux de chômage est toutefois affecté par une autre variable : la productivité du travail, qui amortit les fluctuations du taux de chômage causées par les fluctuations du niveau de l’activité économique. La relation entre les variations du niveau de l’activité économique et chômage a été mise pour la première fois en évidence, au moins de manière théorique, par un économiste qui a marqué l’histoire des idées économiques au XXème siècle : John Maynard Keynes. Pour Keynes, la relation s’explique de la manière suivante : le chômage dépend du volume d’emploi (le nombre de personnes employées) dans un système économique donné. Ce volume d’emploi dépend lui même du volume de production mis en œuvre par les entreprises : plus les entreprises ont besoin de produire, plus elles auront besoin de main d’œuvre. Or, ce volume de production repose sur une anticipation : les entreprises décident en t le volume de production qu’il convient d’assurer en t+1, en fonction de la demande qui s’adressera à elles en t+1. Il est en effet crucial pour les entreprises de prévoir correctement le niveau de cette demande : si les entreprises anticipent une demande trop faible, elles produisent trop peu, ce qui représente un manque à gagner pour elles. Si elles anticipent une demande trop élevée, elles produisent trop et se retrouvent donc avec des invendus. La demande dépend pour Keynes de choses : - le niveau de la consommation, qui provient des ménages, - le niveau de l’investissement, qui provient des entreprises Demande = consommation + investissement Si cette relation n’est pas claire pour vous, reprenons à partir d’un exemple simple : l’entreprise Renault produit des automobiles. Elle les vend à des ménages, qui utilisent leur revenu pour acquérir ce bien. C’est une opération de consommation. Mais une partie de la production de Renault est vendue à des entreprises (une compagnie de taxis par exemple) : il s’agit cette fois d’un investissement. En effet, cette voiture représente une augmentation du facteur capital de l’entreprise, puisque ce bien (la voiture) va être combiné à du facteur travail pour réaliser une production économique. La demande adressée à Renault provient donc bien d’ opérations de consommation et d’investissement Cette relation entre demande anticipée, niveau de l’activité économique et chômage peut être résumée sous la forme d’un schéma : Chapitre 5 - Comment lutter contre le chômage ? Cours 4/16 Voir le doc 8 L’analyse keynésienne du chômage conjoncturel est particulièrement adaptée pour certains événements économiques tels que la crise de 1929, la crise des subprime de 2008 ou encore la récession économique de 2020 liée à la pandémie de Covid 19. Cependant, il existe d’autres éléments permettant d’expliquer l’existence du chômage. 2.2 - les problèmes d’appariements et les asymétries d’information sont des sources de chômage structurel. Le chômage structurel désigne la partie du chômage qui ne dépend pas de l’évolution à court terme du niveau de l’activité économique. Pour comprendre la notion de chômage structurel, il faut faire un détour par ce que l’on appelle l’analyse néoclassique du marché du travail. 2.2.1 L’analyse néoclassique du marché du travail Selon cette analyse, le marché du travail peut être analysé comme n’importe quel autre marché. Rappel de Première : un marché est un lieu de rencontre (fictif ou réel) entre une offre et une demande, qui débouche (si les hypothèses de concurrence pure et parfaite sont respectées) sur la formation d’un prix d’équilibre. A ce prix d’équilibre, l’offre est égale à la demande. On va donc appréhender le marché du travail comme un espace (théorique) de rencontre entre une offre (de travail) et une demande (de travail). L’offre de travail (constituée par les individus qui disposent d’une force de travail et qui la mettent au service des producteurs) dépend positivement du salaire. Justification : lorsqu’un individu se demande si il offre ou non son travail, il compare le salaire qu’on lui propose pour une heure de travail (et qui augmente son utilité) à la désutilité engendrée par le fait de travailler une heure (cette théorie considère donc que les individus ont une aversion au travail : le travail génère une désutilité, qui doit être compensée par le salaire pour qu’ils acceptent de travailler). Lorsqu’un individu renonce à une heure de travail (au profit d’une heure de loisir, donc), le coût de cette décision est le niveau du salaire : plus le salaire augmente, plus cette décision est coûteuse (il se prive d’un salaire de plus en plus élevé) Conséquence : plus le salaire est élevé, plus l’offre de travail des individus est importante : on dit que l’offre de travail est une fonction croissante du salaire. Chapitre 5 - Comment lutter contre le chômage ? Cours 5/16 Cela nous permet de tracer la courbe d’offre de travail : w w = salaire Ls = offre de travail Ls La demande de travail est constituée par l’ensemble des producteurs qui souhaitent utiliser du facteur travail. C’est une fonction décroissante du salaire. Cela s’explique par 2 hypothèses : - pour qu’une entreprise embauche un travailleur supplémentaire, il faut que la productivité marginale ce travail soit supérieur à ce qu’il coûte, c’est-à-dire à son salaire réel. - or, La productivité marginale du travail est supposée décroissante : lorsque l’on embauche un travailleur supplémentaire, il permettra d’augmenter la production de l’entreprise ; mais cette augmentation sera moins forte que l’augmentation de la production qui découlait de l’embauche du travailleur précédent (vous connaissez déjà ce phénomène : c’est la loi des rendements (factoriels) décroissants!) Conséquence : plus le salaire réel est élevé, plus la productivité marginale doit l’être, et donc moins le nombre de travailleurs en emploi doit être important. Cela nous permet de tracer la courbe de demande de travail : w w = taux de salaire réel Ld = Demande de travail Ld Si les hypothèses de concurrence pure et parfaite sont respectées, cette rencontre doit déboucher sur un salaire d’équilibre, c’est-à-dire un niveau de salaire pour lequel l’offre de travail est égale à la demande de travail : Chapitre 5 - Comment lutter contre le chômage ? Cours 6/16 w w = salaire L = nombre de personnes en emploi Ls = offre de travail Ld = Demande de travail L w* correspond au salaire d’équilibre, L* correspond aux quantités de facteur travail qui vont être « échangées » sur le marché du travail. En d’autres termes, L* correspond au nombre de personnes qui vont être en emploi dans l’économie pour un niveau de salaire w* sur le marché du travail. On remarque que pour un salaire de w*, LS (l’offre de travail) est égale à L* : il y a donc autant de personnes en emploi que de personnes qui souhaitent travailler : il n’y a donc pas de chômage ! ⇒ Le modèle théorique du marché du travail prévoit qu’il ne peut y avoir de chômage sur le marché du travail. Il faut donc expliquer pourquoi on observe, dans la réalité, l’existence d’un tel phénomène ! 2.2.2 – Les problèmes d’appariement sur le marché du travail Dans le langage courant, L'appariement est l'action qui consiste à rassembler par paires des choses qui sont compatibles. Apparier une paire de chaussettes par exemple, c’est rassembler 2 chaussettes de même pointure, même couleur, etc. Sur le marché du travail, l’appariement se fait entre des demandeurs de travail (les entreprises) et des offreurs de travail (les actifs). Mais différents facteurs peuvent compliquer cet appariement : Voir le doc 9 - des facteurs géographiques (« spatial mismatch », ou inadéquations spatiales) : les emplois disponibles ne peuvent pas forcément être pourvus si les personnes au chômage vivent à un endroit très éloigné des personnes au chômage susceptibles de pouvoir occuper ces emplois. - des facteurs liés à l’inadéquation des qualifications («skills mismatch », ou inadéquations de qualifications) : les emplois crées peuvent requérir des qualifications différentes de celles possédées par les personnes au chômage. Cela peut notamment être amplifié par le phénomène du progrès technique. Par exemple en France, une polarisation du marché du travail a augmenté certains besoins en main-d’œuvre peu qualifiée et très qualifiée au détriment des actifs à niveau de qualification moyenne (voir le chapitre « Quels sont les sources et les défis de la croissance ? »). Pour vous donner une idée de l’ampleur potentielle de ce phénomène, selon Pôle Emploi, le manque de compétences était en cause en 2018 dans 67 % des emplois non pourvus, le manque d’expérience dans 70 %. Chapitre 5 - Comment lutter contre le chômage ? Cours 7/16 - des facteurs liés au manque d’information : il est tout à fait possible d’envisager qu’une entreprise souhaite embaucher un employé avec un profil spécifique, qu’il existe un chômeur avec l’ensemble des caractéristiques souhaitées, mais que les deux parties ne se connaissent pas. Il y a un manque d’information qui fait que cette offre et cette demande ne s’apparient pas. Voir le doc 10 ⇒ Ces problèmes d’appariement permettent de comprendre pourquoi on peut observer sur le marché du travail et à la fois des emplois vacants (c’est-à-dire des emplois proposés par des entreprises mais qu’elles ne parviennent cette vidéo, pas à pourvoir) et des personnes au chômage. et le doc 11 2.2.3 – Le rôle des institutions Dans le cadre d’une réflexion sur le marché du travail, les institutions désignent l’ensemble des règles formelles et informelles qui permettent et encadrent la rencontre de l’offre et de la demande ainsi que la fixation du prix sur ce marché du travail. Deux institution en particulier doivent retenir notre attention : le salaire minimum et les règles de protection de l’emploi. Le salaire minimum - Le salaire minimum est un niveau de salaire horaire au-dessous duquel il est interdit pour un employeur de rémunérer un salarié. Créé en France en 1950, il est devenu en 1970 le SMIC. Il existe dans la plupart des pays développés, notamment dans l’Union Européenne (22 pays sur 28, dont l’Allemagne, où il n’a été institué qu’en 2015) et aux États-Unis depuis 1938 (avec un salaire minimum fédéral, et dans chacun des 50 États). - Lorsque le salaire minimum est supérieur au salaire d’équilibre, le modèle théorique néoclassique du marché du travail prédit l’apparition de chômage sur ce marché. Cela peut s’expliquer par le fait que le coût du travail payé par les employeurs devient, à cause du salaire minimum, plus élevé que la productivité du travail. Certains travailleurs « coûtent » plus qu’ils ne « rapportent » à l’entreprise, ce qui fait donc varier à la baisse son volume d’emploi utilisé. En raison de l’hypothèse des rendements factoriels décroissants, la baisse des quantités de facteur travail fait augmenter la productivité du travail, ce qui permet de revenir à l’équilibre entre ce que coûte Voir le doc 12 le salarié à l’entreprise et ce qu’il lui rapporte. - Cet impact du salaire minimum doit cependant être nuancé : 1/ Il dépend du niveau du salaire minimum (or on a vu que le salaire minimum avait des niveaux très différents en fonction des endroits où il est appliqué). Or, une hausse du salaire minimum dans un pays où celui-ci est très faible n’aura pas forcément d’impact négatif sur l’emploi. 2/ Certaines études empiriques ont montré que l’augmentation du salaire minimum n’a pas toujours un effet négatif sur l’emploi. Deux économistes américains, D. Card et A. Krueger , ont profité d’une hausse du salaire minimum de 19% au New Jersey, pour étudier l’impact de cette hausse en comparant la situation de plus de 400 Chapitre 5 - Comment lutter contre le chômage ? Cours 8/16 restaurants rapprochés au New Jersey et en Pennsylvanie (où le salaire minimum n’avait pas augmenté). Ils n’ont trouvé aucun impact significatif à cette hausse. 3/ Enfin, lorsqu’une entreprise est en situation de monopsone sur un marché local du travail (c’est-à-dire que les individus ne peuvent trouver à s’embaucher qu’auprès de cette entreprise), elle a tendance à proposer des salaires inférieurs à ce que serait le salaire d’équilibre si le marché du travail était concurrentiel, ce qui a Pour paradoxalement des effets négatifs sur l’emploi (car des salariés peu payés sont des salariés qui dépensent peu, résumer, voir ce qui est mauvais pour le tissu économique local et donc l’emploi). Dans ce cas de figure précis, l’instauration cette vidéo d’un salaire minimum se révèle avoir un effet positif sur l’emploi. Les règles de protection de l’emploi - Les règles de protection de l’emploi renvoient à l’ensemble des règles régissant le contrat de travail (conditions d’embauche et de licenciements en particulier) pour les contrats permanents (CDI) mais aussi temporaires (CDD, intérim). Elle détermine le degré de rigidité de l’emploi. Quelques exemples de règles de protection de l’emploi dans le cas de la France : - L’ existence du préavis de licenciement : il est Interdit en France de licencier sans délai un salarié sauf en cas de faute lourde. - L’obligation de verser des indemnités de licenciement et de mise en place d’un plan de sauvegarde pour l’emploi en cas de licenciement économique. Ce plan de sauvegarde consiste, pour les entreprises de plus de 50 salariés, à mettre en place différentes mesures pour limiter l’impact d’un plan de licenciement : procéder à un reclassement interne des salariés (dans d’autres sites de l’entreprise par exemple), ou aider à leur reclassement externe, dispenser aux salariés victimes de ce plan de licenciement des aides à la création d’activités nouvelles, ou leur faire bénéficier de formations leur permettant d’accroître leur employabilité…. - Toutefois, l’impact des règles de protection de l’emploi sur le niveau du taux de chômage est ambigu. Un argument consiste à avancer que des procédures de licenciement trop réglementées ont deux conséquences principales : - Elles désincitent les employeurs à embaucher, car ils savent qu’il sera difficile de rompre le contrat de travail. - Elles rendent les employeurs plus sélectifs dans leur processus d’embauche Les règles de protection de l’emploi ont donc tendance à freiner les embauches, ce qui a un impact négatif sur le volume de l’emploi, et est susceptible d’alimenter à la hausse le taux de chômage Mais certains économistes avancent un contre-argument : la protection de l’emploi peut favoriser l’adoption de stratégies fondées sur la formation et la polyvalence des salariés en poste, ce qui est favorable à la productivité et, in fine à l’emploi Chapitre 5 - Comment lutter contre le chômage ? Cours 9/16 De plus, la thèse selon laquelle les rigidités nuisent à l’emploi n’est pas forcément validée par les études empiriques (c’est-à-dire basées sur la collecte et l’analyse des faits). Voir les docs 13, 14 et 15 2.2.4 – Les asymétries d’information On a vu dans le cadre du modèle néoclassique du marché du travail que : - au salaire d’équilibre w*, tous les individus souhaitant travailler pour ce niveau de salaire w* sont en emploi ; il n’y a pas de chômage. - mais si le salaire se retrouve de manière durable plus élevé que le salaire d’équilibre, alors cela n’est plus vrai : on observe du chômage. Reste à expliquer ce qui pourrait être à l’origine du fait que le salaire en vigueur sur le marché du travail soit supérieur au salaire d’équilibre. La réponse réside dans ce que les économistes nomment les asymétries d’information. Rappel de Première : On parle d’asymétrie d’information lorsque dans le cadre d’une transaction économique, une des deux parties possède une information pertinente pour cette transaction que l’autre partie ne possède pas. Par exemple, sur le marché des voitures d’occasion, il y a généralement une asymétrie d’information entre les vendeurs de la voiture, qui possèdent plus d’informations concernant la qualité réelle de la voiture que les acheteurs. Voir le doc 16 Sur le marché du travail, on va considérer que les offreurs de travail possèdent plus d’informations que les demandeurs de travail. L’asymétrie d’information portant sur les compétences réelles du futur salarié : Cette théorie repose sur 2 hypothèses : H1 : Au moment de leur entretien d’embauche, seuls les travailleurs connaissent le niveau réel de leur productivité. Chapitre 5 - Comment lutter contre le chômage ? Cours 10/16 H2 : les candidats à une offre de travail annoncent un salaire minimum en deçà duquel ils refuseront l’emploi proposé, que l’on appelle salaire de réservation. Comme ce sont des agents économiques rationnels, ce salaire de réservation dépend de ce qu’ils savent être leur niveau de productivité et correspond à ce qu’ils auraient pu gagner ailleurs. Donc, le salaire de réservation annoncé des candidats reflète leur niveau de compétences. ⇒ L’employeur a intérêt à proposer un salaire supérieur au salaire d’équilibre du marché. En proposant un salaire élevé, il élimine en effet les candidatures ne correspondant pas à ses attentes de productivité. Inversement, les employeurs n’ont pas intérêt à proposer des salaires bas, car cela peut conduire à un phénomène de sélection adverse : les « bons » candidats ne s’intéressent pas à l’offre, seuls restent les « mauvais » candidats, c’est-à-dire ceux qui savent que leur productivité est faible et donc conforme au salaire faible proposé par les employeurs. L’asymétrie d’information portant sur le niveau d’effort fourni par le salarié une fois le contrat signé : Concrètement, une fois le contrat de travail signé, un salarié peut diminuer sa productivité sans que son salaire n’en pâtisse. C’est ce que l’on appelle un phénomène d’aléa moral. En effet, lorsque deux parties s’accordent sur un contrat, rien ne garantit qu’elles le respecteront. Si l’une des deux parties ne peut contrôler le comportement de l’autre, cette dernière peut avoir la tentation de ne pas respecter ses engagements. Ce que l’on peut résumer par le schéma suivant : Chapitre 5 - Comment lutter contre le chômage ? Cours 11/16 ⇒ On désigne souvent ce modèle sous l’expression de « modèle du tire-au-flanc ». Pour inciter le salarié au travail, son employeur doit donc disposer d’une menace à brandir sous la forme d’un coût économique associé au licenciement. Or, si le salaire proposé par l’employeur est égal au salaire d’équilibre pratiqué sur le marché du travail, le salarié qui perd son emploi est sûr de retrouver un emploi payé au même salaire : le coût économique de son licenciement pour ce salarié est donc nul. ⇒ Un employeur rationnel a donc intérêt à proposer un salaire supérieur au salaire d’équilibre du marché : c’est ce qu’on appelle le salaire d’efficience. Le problème, c’est que si tous les employeurs adoptent ce comportement rationnel au niveau individuel, le niveau de salaire sur le marché du travail devient durablement supérieur au salaire d’équilibre, ce qui génère du Voir le doc 17 chômage. III – Les politiques de lutte contre le chômage. Maintenant que nous savons définir et mesurer le chômage, et que nous avons identifié les principales explications à l’existence du chômage, il convient de se demander quelles sont les politiques économiques qui peuvent être mises en place afin de réduire le taux de chômage. On en distinguera trois : les politiques macroéconomiques de soutien de la demande globale, les politiques d’allègement du coût du travail, et enfin les politiques de formation et politiques de flexibilisation pour lutter contre les rigidités du marché du travail. 3.1 – Les politiques macroéconomiques de soutien de la demande globale Rappel : le chômage conjoncturel est un chômage macroéconomique, qui n’est pas lié à des dysfonctionnements du marché du travail, mais à l’état de la conjoncture économique. La conjoncture économique renvoie en fait à l’« état de santé » de l’économie à court terme : quel niveau d’activité économique (la croissance économique est-elle dynamique, ou sommes-nous au contraire en récession) ? D’inflation ? De chômage ?… Le chômage conjoncturel appelle donc une réponse en termes de politiques macroéconomiques ( que l’on appelle des politiques conjoncturelles), qui visent à accroître le niveau de la demande globale (la demande globale correspond à la consommation des ménages, l’investissement des entreprises, ainsi que les exportations d’un pays) : en effet, si la demande globale augmente, il faut produire plus. Or, produire plus implique de recourir à davantage de facteur travail : l’emploi augmente et donc le chômage diminue. Chapitre 5 - Comment lutter contre le chômage ? Cours 12/16 On distingue deux grands types de politiques conjoncturelles de soutien à la demande globale : la politique budgétaire et la politique monétaire. - La politique budgétaire repose sur le budget de l’État. Ce budget de l’État est composé de dépenses publiques d’un côté, de recettes fiscales de l’autre (voir par exemple cette vidéo). Dès lors, une politique budgétaire de relance (de l’activité économique), afin de soutenir le niveau de la demande globale, peut se traduire par une augmentation des dépenses publiques (par exemple, augmenter les salaires des fonctionnaires, construire de nouvelles infrastructures publiques, etc.) et/ou par une baisse de la fiscalité (que l’on appelle aussi les Voir le doc 18 prélèvements obligatoires). - La politique monétaire : Pour relancer la demande, la banque centrale peut mener une politique monétaire expansionniste, qui consiste à diminuer le taux d’intérêt directeur pratiqué vis-à-vis des banques commerciales. Ces dernières vont répercuter ces baisses de taux d’intérêt auprès de leurs clients (ménages mais surtout entreprises) qui vont donc pouvoir financer davantage d’opérations économiques par le recours au crédit : ainsi la demande globale augmente, principalement via le canal de l’investissement des entreprises. [voir par exemple cette vidéo, jusqu’à 1’45] Voir les docs 19 et 20 3.2 – Les politiques d’allègement du coût du travail Voir le doc 21 Un autre axe des politiques de l’emploi consiste à faire augmenter la demande de travail en diminuant le coût du travail. Le coût du travail correspond à toutes les dépenses mises en œuvre par l’employeur et qui sont liées à l’utilisation du facteur travail. Il s’agit du salaire mais aussi des cotisations sociales versées par l’employeur [voir notamment cette vidéo]. On a vu précédemment que la demande de travail était une fonction décroissante du coût du travail. Donc, en diminuant ce coût du travail, les pouvoirs publics cherchent à augmenter la demande de travail, ce qui fait augmenter l’emploi et baisser le chômage. [voir par exemple cette vidéo] Ces mesures sont particulièrement ciblées sur les emplois à bas salaires. En effet, pour ces salariés, la demande de travail est plus sensible à son coût : - ce sont des travailleurs qui sont davantage menacés d’être « remplacés » par des machines que les travailleurs qualifiés, car le capital est plus facilement substituable au travail non qualifié qu’au travail qualifié ; - d’autre part, au niveau du Smic, certains travailleurs sont exclus du marché du travail du fait d’un coût du travail (avant allègements) trop élevé par rapport à leur productivité. Une baisse du coût du travail ciblée sur le bas de la distribution des salaires se traduit alors directement par une hausse de l’emploi peu qualifié. Chapitre 5 - Comment lutter contre le chômage ? Cours 13/16 - Enfin, la baisse des cotisations sociales correspond également à une réduction des coûts de production des entreprises. Soit celle-ci est répercutée dans les prix de vente et la demande, nationale et internationale, pour les produits des entreprises françaises augmente, ce qui favorise l’emploi. Soit les entreprises accroissent leurs marges, leur profitabilité augmente et elles ont plus de moyens et plus d’intérêt à investir, notamment pour satisfaire la demande étrangère. La hausse des investissements permet d’accroître les capacités de production, Voir le doc 22 de produire plus et a finalement aussi un impact positif sur l’emploi. Ces mesures ne font toutefois pas l’unanimité parmi les économistes, pour différentes raisons : Voir le doc 23 - leur efficacité n’est pas clairement démontrée - elles comportent certaines limites : ►Elles peuvent alimenter un phénomène dit de « trappe à bas salaires » : comme les allègements de cotisations sociales sont ciblées sur les bas salaires, les employeurs ne sont pas incités à augmenter les salaires. ►Elles représentent un coût important pour les finances publiques... ►… d’autant plus que leur efficacité peut être limitée par ce que les économistes appellent les « effets d’aubaine » : la baisse des cotisations profite à des employeurs qui auraient de toute façon embauché un salarié, même si cette baisse des cotisations n’avait pas eu lieu. - Enfin, les politiques de baisse de coût du travail peuvent éventuellement avoir des effets dépressifs sur la demande globale si elles se traduisent par une baisse des salaires, ou par une baisse des prestations sociales Voir le doc 24 lorsqu’elles consistent en des allègements de cotisations sociales. 3.3 – Les politiques de formation et politiques de flexibilisation pour lutter contre les rigidités du marché du travail. 3.3.1 - Les politiques de flexibilisation du marché du travail Flexibiliser le marché du travail revient à s’attaquer aux rigidités supposées entraver le libre fonctionnement du marché du travail. L’objectif est de permettre aux entreprises d’ajuster rapidement le volume d’emploi qu’elles utilisent aux variations de la conjoncture économique. C’est donc un moyen de lutter contre le chômage structurel dû aux rigidités du marché du travail. Cette flexibilité peut passer par : - les salaires (on parle alors de flexibilité salariale) : en diminuant ou supprimant le salaire minimum, ou en faisant varier à la baisse les salaires quand cela est nécessaire dans une entreprise (chômage partiel). Chapitre 5 - Comment lutter contre le chômage ? Cours 14/16 - par un assouplissement des conditions d’embauche et de licenciement, en votant certains dispositifs permettant d’affaiblir le degré de protection de l’emploi. - par une plus possibilité pour l’entreprise de faire varier le temps de travail en fonction de la demande (en annualisant le temps de travail par exemple). Voir le doc 25 Cependant, là encore ces mesures ne font pas l’unanimité parmi les économistes : - elles accroissent le risque de tomber au chômage pour les individus (voir par exemple cette vidéo), - et elles peuvent avoir des effets négatifs sur la demande en faisant varier les salaires à la baisse ou en rendant les revenus des actifs incertains dans le temps (comme c’est le cas par exemple du contrat « 0 heures » en Grande-Bretagne). 3.3.2 - Les politiques de formation On a déjà vu ( dans le chapitre « comment est structurée la société française actuelle ? ») que : - les actifs peu ou pas diplômée étaient plus exposés au chômage que les autres catégories d’actifs. - sur longue période, le niveau de qualification moyen des emplois avait eu tendance à s’élever. Ces deux éléments combinés permettent de comprendre qu’augmenter le niveau de qualification des chômeurs grâce à des politiques de formation est un moyen de faire baisser le chômage, notamment la composante de celui-ci liée aux problèmes d’appariement sur le marché du travail. Cela est rendu d’autant plus nécessaire par le progrès technique et la destruction créatrice, qui font que les qualifications des emplois détruits sont très souvent différentes de celles requises pour occuper les emplois nouvellement créés. Par exemple, c’est dans cette optique qu’a été créé le compte personnel de formation (CPF) en 2015. Le CPF est un compte avec une somme d’argent qui permet aux actifs de suivre des formations tout au long de leur vie. Chapitre 5 - Comment lutter contre le chômage ? Cours 15/16 Cependant, ces formations ne sont pas toujours efficaces, car elles ne s’accompagnent pas toujours d’une insertion dans l’emploi : en 2016, la moitié des demandeurs d’emploi ont eu accès à un emploi de courte durée 6 mois après la formation, un quart d’entre-eux seulement a eu accès à un emploi durable. Pire, on constate que l’insertion dans l’emploi a été moins bonne pour les salariés peu qualifiés que pour les autres, alors que ces politiques visent en priorité ce type de public. D’ailleurs les personnes qui bénéficient le plus souvent de formations ne sont pas forcément celles qui en ont le Voir le doc 26 plus besoin. [voir notamment cette vidéo] La formation ne concerne pas que la formation professionnelle (appelée aussi formation continue), mais aussi la formation initiale, qui désigne la formation des jeunes dans le système éducatif jusqu’à leur entrée dans la vie active En effet, différentes études montrent que la formation initiale reste essentielle pour une insertion durable sur le marché du travail, et que la formation continue ultérieure ne s’y substitue pas. Pour bénéficier de la formation Voir les docs continue, il faut « savoir apprendre » (les études montrent que la formation continue bénéficie davantage aux 27 et 28 plus qualifiés). Le renforcement des compétences nécessite ainsi une action efficiente dès la petite enfance. Chapitre 5 - Comment lutter contre le chômage ? Cours 16/16