Etiopathogénie des maladies parodontales plaque induite (05/02/2025) PDF

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CHRU Nancy

2025

Bisson, Inès Clement, Rares Parau, Ugo Priester, Kenza Wetta, Baptiste Zach

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periodontal diseases dental pathology etiology dental health

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This document covers the etiopathogeny of periodontal diseases caused by plaque, outlining the objectives, prerequisites, and general information related to the subject. It seems to be lecture notes or a course handout, focusing on the causes and development of these diseases.

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05/02/2025​ Prof : Bisson Ronéo Scripteurs : Inès CLEMENT, Rares PARAU, Ugo PRIESTER, Kenza WETTA et Baptiste ZACHER UE11, EC1 Etiopathogénie des maladies parodontales plaque induite Objectifs du cours ▪​ Connaître les concepts des pathologies actuels et l...

05/02/2025​ Prof : Bisson Ronéo Scripteurs : Inès CLEMENT, Rares PARAU, Ugo PRIESTER, Kenza WETTA et Baptiste ZACHER UE11, EC1 Etiopathogénie des maladies parodontales plaque induite Objectifs du cours ▪​ Connaître les concepts des pathologies actuels et les facteurs de risque des maladies parodontales plaque induite ▪​ Connaître les différents stades d’évolution des maladies parodontales plaque induite ▪​ Connaître les acteurs de l’immunité qui participent à ces stades Prérequis ▪​ Connaître les composants du parodonte (cément, gencive, os alvéolaire et Ligament Alvéolo-Dentaire = LAD) ▪​ Connaître l’étiologie principale des maladies parodontales plaque induite (parodontite et gingivite) ▪​ Connaître les différentes maladies parodontales plaque induite ▪​ Connaître les acteurs de l’immunité innée et spécifique I.​ Généralités A.​ Définitions L’étiologie : est l’étude des causes d’une maladie. La pathogénie : est l’étude du mécanisme par lequel agissent les causes des maladies pour déclencher l’apparition de ces maladies mais aussi pour déclencher l’évolution de celle-ci. Gingivite plaque induite : inflammation du parodonte superficiel = gencive. Phénomène réversible. Gencive rouge dû à la vasodilatation des vaisseaux Lors d’une gingivite : gencive devient très rouge Ralentir le flux sanguin et permettre/favoriser la diapédèse (lymphocytes, leucocytes etc.) : vasodilatation pour que les cellules puissent sortir et forment un œdème car plasma sort un petit peu avec Vaisseau a doublé de volume mais quantité de liquide pas présente. Parodontite plaque induite : inflammation de l’ensemble des tissus superficiels et profonds du parodonte (la gencive, le desmodonte, l’os alvéolaire et le cément) : gencive rouge et qui gonfle tandis que l’os alvéolaire se résorbe. 1 BISSON​ ​Etiopathogénie des maladies parodontales plaque induite​ ​ UE11, EC1 05/02/2025 1-2/ Sillon d’un parodonte sain : sondage = 1-3 mm → parfois on peut sonder à 4 mm si c’est inflammatoire. 3-4/ Destruction osseuse, l’os se trouve normalement à 2-3 mm de la jonction amélo-cémentaire (JAD) (environ l’épaisseur d’une gencive), on retrouve aussi du tartre sur la racine (dû à une mauvaise hygiène bucco-dentaire (HBD) car non accessible au brossage du patient) → bactériémie qui peut causer des pathologies chroniques. B.​ Concept de pathogénie des années 90 Induction d’une réponse immuno-inflammatoire de l’hôte plus ou moins importante → production de cytokines et d’enzymes de la matrice. Modification du métabolisme osseux → induction de la maladie parodontale (mais on ne sait pas encore pourquoi la gingivite bascule vers la parodontite) Facteur de risque maladies parodontales : -​ Tabac et diabète -> Les deux principaux -​ Autres : maladies systémiques ayant un impact sur la réponse tissulaire de l’organisme suite à son agression. Métalloprotéinases matricielle : intervient pour éliminer le tissu ancien de façon physiologique -​ Agit aussi dans le cadre pathologique. -​ génétique (ex: trisomie) 2 BISSON​ ​Etiopathogénie des maladies parodontales plaque induite​ ​ UE11, EC1 05/02/2025 C.​ Concept de pathogénie actuel (Etiopathogénie des maladies parodontales. Pierre et al 2015 EMC Odontologie) Sur le schéma ci-dessus, il faut retenir que certaines bactéries inhibent les réponses de l’hôte et provoquent un échappement à la réponse immunitaire. -​ Porphyromonas gingivalis () pathogène clé de voûte) a besoin de protéines (mange même les cytokines) pour survivre et fera tout ce qu’il peut pour développer et amplifier l’inflammation → il “aime” le Fer, donc il a besoin d’hémoglobine pour croître, donc d’inflammation. Il est capable de stimuler une inflammation, une réponse immunitaire -​ Dégrade les globules rouges pour ingérer le fer qu’ils transportent -​ Environnement anaérobie -​ Régule l'activité des autres cellules bactériennes → sorte de feedback, le P gingivalis va venir “manger” les molécules de signalisation D.​ Rappels sur l’étiologie bact. des maladies parodontales plaque induite 1.​ Postulat de Koch revisités par Sockransky Postulat n°1 Les agents pathogènes suspectés sont les bactéries retrouvées en plus grande quantité dans « Association » une majorité de sites atteints, et absentes en faible quantité dans les sites sains. Postulat n°2 L’éradication de l’agent étiologique suspecté s’accompagne d’une rémission des signes « élimination » cliniques Postulat n°3 La réponse cellulaire ou humorale de l’hôte à l’agent étiologique suspecté doit être « Réponse de l’hôte » augmentée ou diminuée. Postulat n°4 L’agent étiologique suspecté doit posséder une capacité à détruire les tissus. « Facteur de virulence » Postulat n°5 L’agent étiologique suspecté doit pouvoir recréer la lésion sur un modèle animal. « Pathogénicité chez l’animal » 3 BISSON​ ​Etiopathogénie des maladies parodontales plaque induite​ ​ UE11, EC1 05/02/2025 2.​ Les complexes bactériens ​ Colonisateurs primaires du biofilm : complexes bactériens jaune, vert, violet, bleu → permettent le développement des autres bactéries (voir le cours sur le biofilm) ​ Colonisateurs secondaires : complexe orange ​ Colonisateur tertiaire : rouge ​ A. Actinomycetemcomitans Sérotype b : bactéries que l’on peut retrouver dans le biofilm mais elles sont moins fréquentes que les autres. A la base de la pyramide on retrouve les bactéries commensales notamment qui composent le biofilm. En orange et rouge on retrouve des bactéries essentiellement anaérobies qui vivent grâce aux bactéries du dessous. D’où l’intérêt, par le brossage de désorganiser le biofilm … Enfin la bactérie A. Actinomycetemcomitans qui est extrêmement dangereuse peut se retrouver en cas de proche profonde, cellulite et absence d’inflammation. Cette bactérie manipule les lymphocytes. 3.​ La notion du biofilm (quorum sensing) important !! Rappels sur l’étiologie bactérienne des maladies parodontales plaque induite -​ La notion du biofilm (corum sensing). ​ Il favorise le développement de facteurs de virulence et adaptation à l'environnement ​ Capacité d’adhésion (homo et/ou hétérotypique) sinon elles ne sont pas pathogènes ​ Capacité de colonisation tissulaire, cellulaire et sanguine (bactériémie) une fois qu’elles sont accrochées ​ Capacité d’internalisation après colonisation, se faufile dans la circulation sanguine ​ Capacité de production d’enzymes == dégradation des tissus parodontaux ▪​ Capacité d’échappement à l’immunité ▪​ Capacité d’échappement aux traitements antimicrobiens. (entre dans les cellules épithéliales, endothéliales et échappent à l’immunité de ce fait : résiste aux pénicillines qui diffusent dans les tissus et pas dans les cellules) -​ Si on n’a pas les colonisateurs primaires pour préparer le terrain, les colonisateurs tertiaires ne peuvent pas intervenir pour entamer la dégradation tissulaire -​ Réservoir tissulaire ne se vide jamais donc chez les patients sujets à la parodontite il faut faire un check up régulier : tous les ans. On dit qu’un patient paro est “stabilisé” et non “soigné”. 4 BISSON​ ​Etiopathogénie des maladies parodontales plaque induite​ ​ UE11, EC1 05/02/2025 E.​ Facteurs de risque environnementaux 1.​ Le tabac ▪​ Composants et produits de dégradation 🡺​ Tabac aggrave = dégradation tissulaire ++ 🡺​ Diminution de l’inflammation et saignement (car induit vasoconstriction) → on ne voit donc pas toujours la pathologie, cela masque les symptômes 🡺​ Diminution du nombre de cellules de l’immunité ▪​ Induit une vasoconstriction, cela influence la cicatrisation car moins de cellules sanguine et de l’immunité peuvent être recrutées ▪​ À lésion égale, la cicatrisation chez un non-fumeur se fait plus rapidement ▪​ Fumeur > 10 cig/j (= gros fumeur), contre-indication à certaines chirurgies ▪​ Risque de développement de maladies parodontales : o​ 3,6 fois plus pour un fumeur > 10 cig/j o​ 2 fois plus pour un fumeur < 10 cig/j ▪​ Le fait d’être fumeur est une contre-indication à la chirurgie parodontale. 2.​ La salive Qualité et quantité (médicament etc), si respiration buccale. Elle a un rôle de lubrifiant et d’élimination. 3.​ Le stress Impact direct = effet immunosuppresseur Impact indirect = comportement patient vis-à-vis hygiène bucco-dentaire (retrouvé chez les patients dépressifs) Stress chronique : -​ Réduction de l’activité des cellules NK ; 5 BISSON​ ​Etiopathogénie des maladies parodontales plaque induite​ ​ UE11, EC1 05/02/2025 4.​ Système endocrinien Diabète : ▪​ Diabète non équilibré (HbA1 >7%) parodontite plaque induite ▪​ Parodontite = 6eme complication majeure diabète ▪​ Diabète et parodontite ont beaucoup de cytokines pro-inflammatoires donc influence mutuelle d’une maladie sur une autre maladie ▪​ Depuis quelques années, les patients diabétiques en ALD sont remboursés pour leur détartrage/surfaçage (cours en 4ème année la dessus) ▪​ Important de nettoyer le parodonte pour éliminer les bactéries afin de favoriser l’équilibre du diabète Facteurs hormonaux : ▪​ Ce sont des hormones sexuelles : puberté, grossesse, menstruation, contraceptifs (car P. gingivalis adore les protéines) ▪​ Prolifération bactérienne : P. gingivalis et P. intermedia (Ces bactéries dégradent des protéines) ▪​ Perméabilité vasculaire +++ augmentation volume de la gencive (œdème) 5.​ Les médicaments : hypertrophie/accroissement gingivale ▪​ Antiépileptique (trop de cellules et trop de tissus) ▪​ Inhibiteurs calciques (anti-hypertenseur) ▪​ Immunosuppresseur (patient porteur d’une greffe d’organe) 6 BISSON​ ​Etiopathogénie des maladies parodontales plaque induite​ ​ UE11, EC1 05/02/2025 F.​ Facteurs génétiques ▪​ Les maladies parodontales sont des maladies polygéniques. Il y a une transmission familiale pour parodontite stade 2 grade B, stade 3-4 grade B ou C (niveau de preuve est insuffisant) ▪​ Maladies associées à des troubles immunologiques : syndrome de Down, Papillon-Lefèvre, Chediak-Higashi ▪​ Maladies des tissus conjonctifs = syndrome Ehlers-Danlos, lupus érythémateux systémique ▪​ Troubles métaboliques et endocriniens = hypophosphatasie ▪​ Immunodéficiences acquises et neutropénie ▪​ Perte osseuse importante dans maladies associées à des troubles immunologiques ▪​ Modification au niveau des phosphatases qui sont impliquées dans le métabolisme osseux : perte de dent alors qu’il n’y a eu aucun choc ▪​ Maladies hématologiques : agranulocytose, neutropénie, leucémie myéloïde ▪​ Les tumeurs = carcinome épidermoïde oral… 🡺​ Parodontite comme expression d’une maladie générale 🡺​ La destruction des tissus parodontaux est un symptôme. II.​ Anatomopathologie Les 4 stades anatomopathologiques du développement des lésions parodontales du stade de gingivite à celui de parodontite plaque-induite Stade 0 : Situation utopique sans réalité clinique = intérêt didactique = point de ref à partir duquel se Gencive développe lésion initiale « vierge » ▪​ Temporalité = TO ▪​ Quantité de plaque = très faible, surtout des bactéries G+ commensales à l’état planctonique (dans la salive, accrochées à rien du tout, elles se “baladent”) ▪​ Épithéliums de jonction/Épithélium sulculaire = barrière épithéliale efficace (desquemation physiologique), épithéliums intacts (s’accroche au niveau de la dent) ▪​ Attache conjonctive = intacte o​ Gencive = 2 couches = épithélium (kératinisé, avasculaire, se nourrit par imbibition) + tissus conjonctif (séparés par membrane basale) 7 BISSON​ ​Etiopathogénie des maladies parodontales plaque induite​ ​ UE11, EC1 05/02/2025 o​ Épithélium de jonction = au contact de la dent ▪​ Tissus conjonctifs = fibroblastes et collaG intacts ▪​ Vaisseaux et infiltrats inflammatoires = réseau vasculaire intact/discrète migration des PNN au sein de l’épithélium de jonction ▪​ Fluide créviculaire = transsudat (origine sérique) → lave le sillon (= sulcus) ▪​ Os alvéolaire = RAS On a une migration de PNN quand même mais “tout va bien” Stade 1 : ▪​ 2 à 4j après T0 (sans se brosser les dents) Lésion initiale ▪​ Quantité de plaque : faible, surtout G+ aérobie -état de santé ▪​ Epithélium jonction/épithélium sulculaire : intact ▪​ Attache conjonctive = intacte ▪​ Tissus Conjonctif = RAS ▪​ Vaisseaux/ infiltration inflammatoire : légère vasodilatation (car présence de bactérie qui commence) et ↑ de la perméabilité vasculaire conduit à un passage de protéines et cellules plasmatiques = migration des PNN physiologique (sortie des cellules de l’immunité) ▪​ Fluide créviculaire (fluide du sulcus) = légère augmentation du volume du fluide = transsudat ▪​ Os alvéolaire = RAS 8 BISSON​ ​Etiopathogénie des maladies parodontales plaque induite​ ​ UE11, EC1 05/02/2025 Stade 2 : ▪​ 5 à 7j après T0 Lésion précoce ▪​ Quantité de plaque : Augmentation du nombre de G+ aérobies (car biofilm pas suffisamment épais pour permettre le développement des G-) ▪​ Epithélium jonction/épithélium sulculaire : Prolifération latérale des épithéliums de jonction et sulculaire/ ↑ des espaces inter-cellulaire de l’épithélium de jonction ▪​ Attache conjonctive : intacte ▪​ TC : perte/dégradation collagénique en périvasculaire, altération et ↓ du nb de fibroblastes (le renouvellement du collagène devient altéré) ▪​ Vaisseaux/ infiltration inflammatoire : Prolifération et dilatation des vaisseaux/ migration des PNN +++, présence des LT dans le TC, début de réaction inflammatoire ▪​ Fluide créviculaire = augmentation du volume du fluide = transsudat riche en ¢ immunitaire et protéines sériques (gencive rouge et gonflée = oedamassiée) ▪​ Os alvéolaire = RAS Stade 3 : ▪​ 3-4 semaines après T0 Lésion établie ▪​ Quantité de plaque : Augmentation du nombre de bactérie G+ et G- ▪​ Epithélium jonction/épithélium sulculaire : Prolifération latérale et apicale de l’épithélium de jonction et de l’épithélium sulculaire/ rupture partielle de la membrane basale et dégradation des desmosomes → les bactéries viennent dedans → lyse osseuse ▪​ Attache conjonctive : intacte ▪​ Tissu conjonctif : altération collagénique +++ ▪​ Vaisseaux/ infiltration inflammatoire : prolifération et dilatation des vaisseaux/ prédominance de plasmocytes et IgG, ↓ LT et ↑ LB ▪​ Fluide créviculaire : transsudat+++ = œdème, fausse poche/pseudo-poche, ce n’est plus du transsudat, c’est un exsudat !!! ▪​ Os alvéolaire = RAS 9 BISSON​ ​Etiopathogénie des maladies parodontales plaque induite​ ​ UE11, EC1 05/02/2025 Stade 4 : ▪​ > ou = 4 semaines ou jamais (car les gingivites ne se Lésion avancée transforme pas toujours en parodontites) ▪​ Evolution cyclique (activité/latence) → relation avec des cellules bactériennes qui ressortent de la gencive et réactivent la réaction immunitaire ▪​ Quantité de plaque : Biofilm couronne/racine = majorité de G- anaérobie ▪​ Épithélium de jonction/ épithélium sulculaire : mb basale discontinue, dégénérescence des ¢ épithéliales, zone de nécrose de l’épithélium de jonction ▪​ Attache conjonctive : migration apicale de l’attache conjonctive suite à la dégradation de l’attache : formation d’une poche parodontale ▪​ TC : destruction des fibres de collagène dans des zones infiltrées, fibroblastes altérés, présence de bactéries partout. ▪​ Vaisseaux/ infiltration inflammatoire : prolif et dilatation des vaisseaux/ plasmocytes 50% de la population immunitaire présente dans la gencive, LB 20%, MO et PNN ≤ 5% ▪​ Fluide créviculaire : ↑ volume du fluide créviculaire, parfois on a du pus (infection) ▪​ Os alvéolaire : résorption de l’os alvéolaire 10 BISSON​ ​Etiopathogénie des maladies parodontales plaque induite​ ​ UE11, EC1 05/02/2025 ​ Les stades 1, 2 et 3 sont des lésions du parodonte superficiel, stade de gingivite, c’est totalement réversible o​ Chez certains patients il est possible de rester au stade 3 de la gingivite à vie. ​ Le stade 4 représente une lésion du parodonte superficiel et profond ​ Absence de frontières nettes entre les différents stades. Remarque : lésion intra-osseuse = verticale = angulaire III.​ Immunologie des maladies parodontales, acteurs immunitaires et molécules Un monocyte situé dans de l’os est appelé un ostéoclaste. Description des différentes cellules de l’immunité 1.​ La réponse immunitaire innée : 3 barrières a)​ Barrières mécaniques non spécifiques ▪​ Épithélium sulculaire et buccal o​ Etanchéité, mise à mal lors d’une inflammation. o​ Desquamation/ exfoliation physiologique → quand on a un renouvellement des cellules de la gencive, les bactéries accrochées dessus partent aussi (c’est donc plus rentable pour elles d’aller sur la dent) ▪​ Chasse salivaire et fluide créviculaire, nettoyage physiologique des dents ▪​ pH salivaire neutre (6,5 – 7,4) → certaines bactéries se développent en milieu acide b)​ Barrière chimique = immunité innée humorale ▪​ ▪​ Peptides antimicrobiens salivaires = lysozyme (= enzymes capables de dégrader plus particulièrement les bactéries à G+) ▪​ Peptides antimicrobiens présents dans salive et fluide créviculaire : 11 BISSON​ ​Etiopathogénie des maladies parodontales plaque induite​ ​ UE11, EC1 05/02/2025 o​ Défensine (peptide cationique) α-défensine (PNN), β-défensine (cellule épithéliale) o​ Peptide antimicrobien dérivé cathélicidine = LL37 (PNN, cellules épithéliales) → lysent les bactéries G+ ▪​ Le système du complément : o​ 20taine de protéines circulantes inter-réagissant les unes avec les autres en cascade o​ 3 voies d’activation : ▪​ Voie classique « indirecte » (complexe immun = bactérie accrochée à un anticorps) = stimulant, antigène et anticorps ▪​ Voie alterne « directe » (LPS, endotoxine bactérienne) ▪​ Voie des LECTINES (fixation mannose bactérien) ▪​ Principaux facteurs du complément qui ont un rôle dans l’immunité adaptative o​ C5 (C3) : rôle dans chimiotactisme PNN, et autres leucocytes (= petites molécules qui guident les cellules dans le site infecté) o​ C3b – C5b : rôle dans opsonisation (petite molécule qui s’accroche à la paroi bactérienne et favorise l’immunité pour la dégrader, guidage et facilitation de la phagocytose) ​ Toutes les voies mènent au MAC (Complexe Majeur d’Attaque) = rôle dans l'immunité innée : Quand on a un trou dans une cellule : on a une différence de pression → elle éclate car elle se remplit. c)​ Barrière cellulaire = immunité innée cellulaire ​ Elle n'est pas spécifique ▪​ Cellules phagocytaires : ▪​ Macrophage ▪​ PNNs : ​ Migration de circulation sanguine vers site infecté (rolling-diapédèse- chimiotactisme-adhérence-burst oxydatif-phagosome-phagolysosomes-exocytose), ce sont des cellules capables de dégrader des bactéries car elles produisent de « l’eau de javel » ​ Production de NET (Neutrophil Extracellular Traps) après dégranulation du PNN ​ Durée de vie 24-48h (même s’il n’y a pas d’attaque) NET = matrice extracellulaire fibrillaire tridimensionnelle concentrant : ​ Protéines nucléaire (histone) du PNN = fixation pathogène 12 BISSON​ ​Etiopathogénie des maladies parodontales plaque induite​ ​ UE11, EC1 05/02/2025 ​ Enzymes des granules azurophiles (élastase, cathepsine G, myélopéroxydase) ​ Protéines des granules spécifiques (lactoferrines, LL-37, gélatinase) Fixation des pathogènes et leur lyse = barrière physique empêchant le passage des pathogènes, limite la diffusion MMP délétères pour tissus parodontaux ▪​ Cellules présentatrice d’antigènes (CPA) = lien entre l’immunité innée et spécifique, cellules présentant l’antigène aux lymphocytes T helper, décident si la cellule est du soi ou du non-soi, déclenchent la réaction immunitaire spécifique ▪​ Macrophages ▪​ Cellules dendritiques ▪​ Lymphocytes Barrière cellulaire = la réponse immunitaire innée cellulaire ▪​ Les motifs microbiens cellulaires et leurs récepteurs o​ Les motifs microbiens solubles ou membranaires = PAMP = Pathogen Associated Molecular Pattern; Ex : LPS, Peptidoglycanes, ADN bactérien, lipoprotéines o​ Les récepteurs de reconnaissance de motifs microbiens cellulaires = PRR (Pattern Recognition) Récepteur type lectine solubles = récepteur de Protéine liant LPS =récepteur de MBL (Mannose Binding Lectin) = récepteur de CRP (Protéine C réactive) ​ Les récepteurs de reconnaissance de motifs microbiens cellulaires = PRP (Pattern Recognition Receptor) Récepteurs membranaires = TLR (Toll like receptors) 13 BISSON​ ​Etiopathogénie des maladies parodontales plaque induite​ ​ UE11, EC1 05/02/2025 TLR exprimés par PNN, MO, Cellules dendritiques, Lymphocytes B et T, cellules résidentes du parodonte(cellules épithéliales, fibroblastes, cémentoblastes, ostéoclastes) Surtout TLR2 et 4 : reconnaissance des bactéries G+ (peptidoglycanes, lipoprotéines) et bactéries G- et LPS, lipoprotéines, protéines du choc thermique (heat shock protein) Fixation déclenche cascade de réaction intra-cellulaires production cytokines, enzymes, …. Internalisation. =NOD like Receptor (NLR) NLR exprimés dans CTasme des cellules de l’immunité innée et spécifique Reconnaissance des peptidoglycanes des bactéries G+ et G- Peu étudié dans les maladies parodontales 2.​ La réponse immunitaire spécifique Immunité spécifique humorale : 2 principales cellules impliquées = lymphocytes T et B Lymphocytes B = 5 à 15 % lymphocytes circulants -​ Seule cellule productrice d’AC (= immunoglobuline de surface = récepteur d'antigène CPA) -​ Récepteur/molécule surf lymphocyte B : BCR (b cell receptor = Ig) -​ Récepteurs CD 72 et CD 40 (=communication LT) -​ Ag molécule de classe II du CMH Lymphocytes B1 = différenciation en périphérie (= org. Lymphoide secondaire) = contribution à réponse immune innée = production d’Ac dits naturels, polyspécifiques type IgM (sans stimulation antigénique) de manière peu efficace. Lymphocytes B2 = LB2 conventionnels : = maturation LB2 dans moëlle osseuse = LB2 naïve pas stimulé =quand rencontre de LB2 avec 1er Ag 🡺 activation du LB2 🡺 multiplication LB 🡺 LB2 effecteur = plasmocytes et LB2 mémoire = plasmocytes n’expriment pas d’Ac membranaire mais uniquement des Ac sécrétés Lymphocytes T : = maturation dans le thymus = selon maturation des LT : expression de différents récepteurs = LT CD4+ et CD8+, NK (natural killer) 14 BISSON​ ​Etiopathogénie des maladies parodontales plaque induite​ ​ UE11, EC1 05/02/2025 LT CD4+ auxiliaire ou T helper (=Th) : = rôle principal dans déclenchement et développement de l’immunité spécifique par production de cytokines, ils stimulent la production d’Ac = selon nature et dose Ag, type d’APC, type cytokine produite : sous population LT variable (Th1, Th2, Th17). ​ -​ Développement de réponse Th1 si Th (cellule naïve produisant uniquement IL-2) avec à proximité de Il-12 et INFy, -​ Développement de réponse Th2 si présence d’IL-4, -​ Développement de réponse Th17 si présence d’IL-6 et TGFB, certains lymphocytes produisent beaucoup IL17 d’où le nom, caractérisé par des propriétés anti-inflammatoires très importantes, -​ Contre régulation réciproque réponse Th1-Th2 : ​ = Th1 production INFy inhibition réponse Th2 ​ = réponse Th1 🡸 inhibition production IL-10 par Th2 Photo UGO LTCD4+ = Th1 : Présentation Ag par APC (Mol. CL.II du CMH) – activation 🡺 prolifération puis cellule Th mémoire = immunité cellulaire = activation des macrophages = élimination des pathogènes intra-cellulaires Production surtout IL-2, INFy et L (LT ou TNFB) = réponse anti-infectieuse principale dans gingivite LTCD4+ = Th2 : = immunité humorale = activation surtout des LB (prolifération et différenciation) = production d’Ac = réponse immunitaire principale dans parodontite LTCD4+ = Th17 : = production cytokines pro-inflammatoires +++ (IL-17A et F) = favorise production par d’autres cellules de cytokines pro-inflammatoires (IL-6, IL-8, GM-CSF, MMP) = favorise recrutement et activation PNN+++ = rôle clé dans la défense anti-infectieuse bactéries et champignons. 15 BISSON​ ​Etiopathogénie des maladies parodontales plaque induite​ ​ UE11, EC1 05/02/2025 LTCD8+ : Activation et prolifération des TCD8+ nécessite l'action conjointe de : Ag (présente par molécule CL I du CMH) et IL-2 Rôle = action cytotoxique sur les cellules infectées par micro organismes (virus, cellules cancéreuses), en 3 étapes : 1)​ Interaction entre TCR du TCD8+ avec Ag (Mol. Cl du CMH) 2)​ Libération contenu enzymatique (granules lysosomiaux) dans cellules infectée 3)​ Lyse de la cellule cible Lymphocytes NK : Rôle dans immunomodulation des réponses immunitaires (par production IL-4 et INFy) Action cytotoxique, rôle dans l'immunité anti-tumorale Il faut savoir que ce n’est pas uniquement une réponse Th1 ou Th2 mais tous s’entremêlent au sein d’une même bouche, deux dents voisines peuvent avoir différentes réponses immunitaires IV.​ Immunologie des maladies parodontales : régulation des réponses immunitaires La prof est passée rapidement sur cette dernière partie. A.​ Molécules Cytokines : Interleukines : … IL-37 Les facteurs cytotoxiques (TNFa et B) Les interférons à effet chimiotactique Les chémokines a : IL-8 Les chémokines : RANTES, MCP-1, MIP Les facteurs de croissance (TGFβ et α, EGF, FGF, PDGF, IGF, BMPs, GM CSF…) Les enzymes : MMPs et régulateur TIMPs,… Les molécules de réponses inflammatoires : PGE2, LT, histamines,… B.​ Régulation La régulation des réponses immunitaires anti-infectieuses du parodonte : Signaux moléculaires = cytokines. 16 BISSON​ ​Etiopathogénie des maladies parodontales plaque induite​ ​ UE11, EC1 05/02/2025 La régulation de la réponse immunitaire innée : afflux de PNN + stimulation des MO ​ Afflux de PNN ​ Stimulation des MO ​ Formation d’un biofilm entraînant un début de réponse inflammatoire gingivale dû à des lésions endothéliales LPS, protéases entraîne la libération de cytokine pro inflammatoire Molécule d’adhésion endothéliales permettent la diapédèse qui suit elle un gradient chimiotactique Intervention de PNN et macrophage dans l’immunité innée et renfort par diapédèse 17 BISSON​ ​Etiopathogénie des maladies parodontales plaque induite​ ​ UE11, EC1 05/02/2025 Immunité adaptative ETAT DE GINGIVITE DEBUTANTE : accroissement du biofilm et intervention plus spécifique des cellules phagocytaires notamment par l’immunité humorale Interleukine 1 est la première à être produite lors de l’inflammation, elle va venir activer et stimuler les ostéoclastes, les cellules de la réponse immunitaire se mobilise et agissent au niveau de l’ostéoblaste en l’inhibant, entraînant une destruction os (on a plus l’équilibre destruction-reconstruction), aboutit à une perte de l’os alvéolaire autour de la dent V.​ Conclusions Impacts cliniques de la connaissance de l’étiopathogénie des maladies parodontales : -​ Connaître les facteurs déclenchants = biofilm -​ Éducation hygiène bucco-dentaire +++ = FACTEUR CLE du TRAITEMENT. Si manque d’hygiène aucun intérêt de réaliser un surfaçage -​ Désorganisation du biofilm = indispensable à l’action des anti-microbiens -​ Connaissance des facteurs environnementaux : fumeurs, diabète, stress Prise en compte de ces facteurs dans : -​ Le diagnostic des parodontites plaque induite (grade = rapidité d’évolution) -​ La fréquence des séances de maintenance Items référentiels : -​ Le facteur étio : microbiote -​ Facteurs risque environnement : cigarettes et stress -​ Endo : diabète et hormones -​ Toutes gingivites n’évoluent pas systématiquement vers parodontite 18

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